La chorégraphe

Bronté Murray
Originaire d’Alès, au cœur des Cévennes, elle grandit imprégnée de la culture cévenole et d’une terre sauvage, riche d’une faune et d’une flore qui nourrissent encore aujourd’hui son imaginaire. Les odeurs marines de la Méditerranée, la chaleur sèche de la pierre gorgée de soleil, la sève des pins et des chênes, le chant éclatant des cigales ou encore le mouvement des vagues composent un paysage sensoriel profondément inscrit dans son rapport au corps, au mouvement et à la création.
Désireuse depuis petite de faire de la danse son métier, Bronté rejoint Lyon et intègre le Conservatoire de Lyon, avant de revenir dans le Sud pour compléter sa formation d’interprète à Montpellier auprès d’Anne-Marie Porras, à EPSE Danse.
Elle poursuit ensuite son parcours comme danseuse interprète auprès de différentes compagnies, notamment Elles Multiples, dirigée par Nizoucha Decoux, ainsi qu’au sein d’Arts F-X, compagnie de comédies musicales destinées au jeune public.
Après plusieurs années d’expérience de la scène, Bronté choisit de développer son propre chemin artistique. Basée depuis plus de dix ans à Lyon, elle devient artiste indépendante avec la volonté de construire un projet qui lui tient profondément à cœur : rendre la danse accessible à toutes et à tous.
À celles et ceux qui pensent : « La danse n’est pas faite pour moi », « Je n’ai pas le rythme », « Mon corps ne correspond pas à la danse », elle souhaite ouvrir un autre espace : celui d’une danse qui ne demande pas de correspondre à une norme, mais qui part de chaque corps, de chaque sensibilité et de chaque manière d’habiter le monde.
Cette démarche s’adresse tout particulièrement aux personnes auxquelles l’accès à la danse est encore trop souvent refusé implicitement ou présenté comme impossible en raison d’une situation de handicap. Bronté développe un travail de recherche de terrain mais également universitaire autour de l’accessibilité de la danse pour les personnes déficientes visuelles, dont elle écrira et formalisera une pédagogie dite de la danse accessible, avec la conviction que la création chorégraphique peut se ressentir, se transmettre, s’imaginer et se vivre bien au-delà du seul regard.
Pour elle, la danse n’est pas réservée à certains corps.
Elle appartient à celles et ceux qui souhaitent la rencontrer.
Ligne artistique
La compagnie pense la danse au-delà du regard.
Sa recherche naît de la rencontre avec les situations de handicap visuel et de ce qu’elles déplacent dans la manière de percevoir, de transmettre et de composer le mouvement.
La voix devient matière.
Le son devient espace.
La description devient geste.
Le fragment devient une autre manière de voir.
L’accessibilité n’est pas envisagée comme une adaptation ajoutée après coup, mais comme un moteur de création. Elle transforme l’écriture chorégraphique et ouvre d’autres chemins vers l’œuvre : par l’écoute, le toucher, le rythme, l’imaginaire et la présence.
La compagnie explore ainsi une danse qui ne cherche pas à être reçue d’une seule façon, mais qui laisse à chacun la possibilité de construire sa propre perception.
Cette recherche dialogue aussi avec les Cévennes, territoire d’origine de Bronté Murray : ses paysages, ses sons, ses odeurs, sa mémoire et les traces de sa langue occitane. Les œuvres portent ainsi des titres issus du patois cévenol, comme une manière de faire résonner les traces d’une langue qui continue de circuler et de se transmettre à l’oral de génération en génération. Leur présence rejoint naturellement une recherche dans laquelle la voix, le son et la transmission occupent une place essentielle.
Une danse à voir autrement.
À entendre. À ressentir. À imaginer.