Ausin
Hiver 2028

Synopsis
Ausin est une pièce chorégraphique immersive qui se déploie dans l’écart entre ce qui se donne à voir, ce qui se dérobe et ce que l’imaginaire vient recomposer dans un murmure. Inspirée par les mouvements collectifs des oiseaux — ces nuées mouvantes qui dessinent dans le ciel des formes aussitôt apparues, aussitôt défaites — l’œuvre explore une présence instable et métamorphique : un corps surgit, se fragmente, disparaît, puis renaît autrement dans la voix, la sensation et la mémoire.
Le titre Ausin est emprunté au patois cévenol, langue du territoire dont l’artiste est originaire, et désigne le murmure de la nature. Ce mot, intimement lié à ses racines, fait écho à l’univers de la pièce et à cette présence diffuse, mouvante et presque insaisissable qui traverse les corps, les sons et les images.
Plongé dans l’obscurité, le plateau devient un espace de perception incertaine. Le regard n’y saisit jamais le corps dans sa totalité : il en perçoit des zones, des contours flous, des éclats, des mouvements périphériques ou intermittents. Cette instabilité du visible ouvre progressivement la pièce à d’autres manières de recevoir la danse, notamment celles traversées par des expériences de basse vision ou de non-voyance. La déficience visuelle n’est pas abordée comme un sujet extérieur à l’œuvre, mais comme une possibilité de déplacer le regard, de troubler ses habitudes et de faire émerger d’autres formes d’attention.
Au centre de l’œuvre se trouve les audiotines, dispositif imaginé par Bronté Murray. Ici, la description orale n’accompagne pas simplement le mouvement : elle devient matière chorégraphique. Issue d’une improvisation filmée, observée puis décrite à voix haute, la parole agit comme une partition sensible, capable de transformer le geste, d’en révéler les strates invisibles et d’en faire naître de nouvelles images.